L'adaptation est difficile, surtout pour moi. Car malgré tout, Emmanuel et Adrien adorent leur école. Lorsque je vais les chercher au bus, c'est souvent qu'Adrien m'annonce tout souriant "Ah j'ai passé une bonne journée!" et le matin, lorsqu'il faut se préparer et qu'ils traînent c'est parce qu'ils sont fatigués, pas parce qu'ils n'aiment pas l'école.

C'était pourtant mal parti : des phrases à recopier du tableau et à apprendre par coeur sans savoir ce qu'ils écrivent. Des listes de mots chaque semaine à apprendre par coeur, pour la dictée du jeudi (en Français) et du lundi (en Arabe). Les premières dictées ont été laborieuses. Je ne savais même pas comment les leur faire apprendre. Avant que les maîtresses ne revoient leurs copies (nous nous sommes plaints, beaucoup d'élèves semblaient aussi en difficulté, mais pas tous!), et réduisent la liste des mots/phrases à apprendre, j'avais déjà échaudé des plans pour qu'ils réussissent un peu et ne se découragent pas. D'abord, leur faire écrire et essayer d'épeler (comprendre comment se construisent les syllabes, comme en maternelle) 2 ou 3 mots en fonction de leur capacité, histoire d'avoir 1 ou 2 sur 6 et non pas zéro. Et leur montrer qu'ils pouvaient progresser chaque semaine. Mais ça demande un travail de tous les jours, en plus des devoirs simples (du type ci-dessous) et rapides. Copier des lignes de mots, pour faire rentrer le mot en mémoire par les gestes et la mémoire visuelle.

(la 1ère version de ce test était d'écrire la phrase de mémoire, déjà réussir à l'entourer je trouve que ce n'est pas facile quand on ne sait pas lire et que les phrases types apprises en classe étaient au nombre de 8!).
La phrase à apprendre par coeur était : Dans ma trousse, il y a un crayon, une gomme et une règle. Ici, Emmanuel
La dictée 1 d'Emmanuel était pourtant pas mal.
Adrien. A la dictée 4 de jeudi dernier, il n'y avait que 3 mots et il a eu 2/3, il était content car à la première il avait eu zéro et avait pleuré (surtout parce que son frère c'était moqué de lui).
Deuxième volet de mon plan : leur apprendre à lire à la maison pour qu'ils aient des techniques pour deviner le mot pour réduire le temps passé à recopier 10 fois le mot. Et s'ils ne savent pas encore lire (Emmanuel pourrait s'il faisait un effort) je commence à noter qu'ils arrivent à se débrouiller, ne serait-ce que phonétiquement. Parce que les mots ne sont pas toujours faciles, comme la semaine dernière : anniversaire, gâteau et cadeau.
Heureusement, cela ne les a pas dégoûtés de l'envie de lire!
Adrien aime apprendre et ne rechigne pas à faire ses devoirs,, il s'applique beaucoup, a une belle écriture en Français et en Arabe. Par contre, Emmanuel, s'il aime l'école pour la camaraderie, semble s'ennuyer en classe, et c'est une bataille pour lui faire faire ses devoirs. Nous ne sommes pas encore arrivés à lui "tirer les vers du nez".