Nouvelle épreuve dans ma vie de maman d'enfants scolarisés : les examens de mi-terme (de mi semestre). Le timing est imposé par le ministère de l'éducation. Ne pas chercher à comprendre pourquoi on veut évaluer des enfants qui viennent de passer à peine 6 semaines d'école, ne sachant pas lire. Les consignes sur les modèles de révisions sont écrites. Je me demande concrètement comment ça se passe. Est-ce que les maîtresses dictent les consignes? Il manque souvent de terminer sa page, il me dit qu'il n'arrive pas à terminer à écrire.

Bref, nous sommes mardi, la moitié est déjà faite. Et les deux dernières épreuves sont faciles. Le Français oral, c'est écouter un épisode de Caillou et de répondre aux questions de compréhension. Pour les petits égyptiens (enfin leurs parents), c'est le stress, pour nous, c'est relax. Emmanuel et Adrien trouvent que Caillou c'est nul, c'est pour les bébés, mais ils font l'effort quand même!
Entraînement pour la dictée de français de lundi. Ils m'ont dit qu'ils n'ont pas bien réussi, pas le temps ou je crois qu'ils avaient oublié certains mots, ils étaient fatigués ce matin-là.
On a essayé la dictée sur le tableau blanc, les lignes recopiées (la méthode égyptienne) et les mots sous le nez dans la cuisine en prenant les repas! Ca marche moyen. A Louxor, Adrien a écrit des lignes et des lignes tout seul. Très fier. Puis il me demande : "maman, qu'est ce que j'ai écrit?" La vérité sort de la bouche des enfants. A quoi ça sert si l'enfant ne comprend pas ce qu'il fait? Point positif, ça développe une grande capacité d'apprentissage par coeur et une habitude de travail. Je l'ai remarqué chez les élèves du lycée français qui étaient passés par le système égyptien. Je me console comme je peux...
Evidemment, ça créée des résistances ... Petit mot qu'Emmanuel m'a écrit. "Maman je veux pas y aller à l'école de toute ma vie c'est parce que c'est comme ça". Côté pile : coup de poing dans la ventre, qu'est ce que je fais subir à mes enfants! Côté face : il se débrouille pas mal, il arrive à écrire une phrase sans modèle pour faire passer un message.
Dictée d'arabe de la semaine dernière d'Emmanuel : il n'a su aucun des 4 mots, il a du penser que j'allais me fâcher alors il m'a mis un petit mot en français pour m'expliquer : "Maman je vais pas écrire parce ce que j'ai tout oublié' (depuis petits ils disent "roubrier" pour "oublier" et je ne les ai jamais corrigés car je trouvais ça mignon...).
Enfin pour les examens, ils ne sont pas traumatisés car quand je leur ai demandé comment ça c'était passé, ils n'ont pas vraiment eu conscience d'avoir été évalués, juste un exercice en classe sur une feuille et pas dans le cahier. Ils n'ont pas la pression, mais les mamans égyptiennes font bosser les enfants plusieurs heures (3h) la veille pour les faire réviser. Moi je me limite à faire faire l'exercice une fois, corriger et expliquer où ils se sont trompés, poser la question pourquoi ils ont répondu ça pour comprendre pourquoi ils ont répondu à côté. Et s'il y a beaucoup d'erreurs je ne m'acharne pas, je constate c'est tout.
Ici c'est la pression des notes et des classements. Je suis curieuse de voir les résultats, à quoi ça ressemble. Heureusement j'ai confiance en mes enfants et quelque soit les notes, je sais ce qu'ils sont capables de faire.